Le Reste du Monde
Définition: terme désignant l'ensemble des pays ou des zones qui n'appartiennent pas aux groupes déjà spécifiés. Derrière cette expression purement économique, vaguement condescendante se cachent des pays, des cultures et des êtres humains que nous rêvons de croiser. Pendant un an, nous allons voyager en tentant de découvrir ce qui se cache au-delà de notre monde.En franchissant les frontières administratives, ce seront aussi des séparations culturelles, linguistiques et naturelles qui nous apprendrons à perdre nos certitudes. Un seul objectif: Partir à la rencontre du Reste du Monde.


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La fin des feijoadas!

A notre arrivée à Sao Paulo, un double mythe s'effondre: il peut faire froid sous les tropiques, même au niveau de la mer, et il peut pleuvoir au Brésil! Nous patientons donc sagement quelques jours en attendant Jean-Paul, qui débarque en même temps que le soleil. Nous prenons un bus de nuit jusqu'aux portes du Pantanal, la plus grande zone marécageuse au monde, et il ne nous reste plus que 5 petites heures de bus pour rejoindre la Pousada où nous passerons 4 jours.


Les activités ne manquent pas. Ainsi, dès le lendemain matin, nous chevauchons à travers le ranch, coiffés des casques de chantier, à la recherche d'animaux sauvages, et plus domestiques. L'après-midi, nous partons pour une randonnée et commençons à collectionner les clichés de perroquets et d'autres oiseaux, ainsi que des tatous et des singes, cachés à la cime des arbres. Alors que la nuit commence à tomber, le guide, Tom, nous montre des traces fraîches de jaguar. Nous les suivons en silence pendant quelques mètres, jusqu'à ce que Tom décide qu'il est temps de rentrer, ce qui à pour résultat de nous frustrer terriblement! Nous ne saurons jamais s'il redoutait réellement une attaque du félin, ou s'il s'était finalement rendu compte que les traces étaient celles d'un tout petit animal...


Le jour suivant, nous partons en barque, découvrir le Pantanal depuis l'eau. Les caïmans sont allongés partout sur les berges, tout comme les capivara, ces drôles de rongeurs aussi grand que des chiens. Ensuite, c'est dans une bétaillère que nous partons en excursion, ce qui nous permet de prendre de la hauteur! Pendant que Tom barbouille les autres membres du groupe du jus d'une figue mystère (qui se révélera d'un bleu intense au bout de dix heures), nous épions un petit tatou qui rejoint son trou. Nous rentrons quand la nuit est tombée, un gros projecteur balayant le chemin et dénichant 2 pattes d'une tarentule cachée au creux d'un arbre. Finalement, le plus joli seront les lucioles.


Le matin du jour du départ, nous partons à la pêche aux piranhas ce qui nous permet de voir de plus près leurs dents redoutables. Nous quittons le ranch pour l'extrémité sud du Pantanal. La ville de Bonito connaît un boom éco-touristique depuis 5 ans en raison de ses eaux incroyablement claires dans lesquelles nagent des poissons multicolores. Nous serons victime de ce succès, puisque du coup, il faut réserver plusieurs mois à l'avance pour la moindre activité, ou alors prendre le créneau de 7h du matin. C'est donc à la piscine municipale aménagée dans l'une des rivières que nous ferons la connaissance des poissons dans une eau translucide et glacée. Sur le chemin du retour, le vélo de Laïd se fait méthodiquement découpé par les becs des perroquets qui nous ont poursuivis.

C'est une nouvelle fois en bus de nuit que nous rejoignons la frontière argentine pour aller voir les chutes d'Iguazu. Après un petit déjeuner revigorant, nous décidons d'aller directement visiter le côté brésilien des chutes. Nous laissons nos sacs à dos dans une consigne à l'entrée du site et découvrons la vue d'ensemble sur les célèbres cataractes. Quelques heures plus tard, nous franchissons la frontière et arrivons en Argentine. Fatigués, nous nous installons dans le premier hôtel venu, où il n'y a plus qu'un dortoir de 10 personnes. Nous préparons nos lits et ressortons dîner dans une parrillada. Au moment de nous coucher, Jean-Paul s'aperçoit qu'il y'a un visiteur mystère dans son lit... Dès le lendemain, nous déménageons dans un autre établissement!
Les chutes du côté argentin sont incroyables. Nous empruntons les différents sentiers aménagées pour observer les trombes d'eau sous tous les angles et profitons des rayons du soleil, grâce auxquelles des dizaines d'arcs-en-ciel surplombent les cascades.
La jour suivant, nous sommes prêts à prendre le dernier bus de nuit de l'histoire. A la suite d'un accord étrange entre les compagnies de bus, nous vivons les « 3 frontières » en réel, passant une partie de la journée à traverser de l'Argentine au Brésil, puis plusieurs heures à observer le trafic intense entre le Paraguay et le Brésil, à l'intérieur même du poste de douane... 48 heures plus tard, nous arrivons enfin à la ville balnéaire de Paraty.


Observer les plages depuis la fenêtre du bus nous avait déjà remotivé, mais la ville nous enchante à l'unanimité. Les rues pavée sont bordées de maisons blanches aux fenêtres colorées et nous avons la certitude que la mer n'attend que nous. Après une vraie nuit de sommeil, nous passons une journée sur un bateau à la découverte d'une partie des 65 îles de la baie. A bord, le chanteur et les crevettes grillées nous aident à nous sentir totalement en vacances.
Le lendemain, nous partons à la recherche de Praia de Sono, la plage de rêve, accessible après une bonne heure de marche à travers la jungle. A cette occasion, nous croisons le chemin d'une tarentule et d'autres bêtes.

 

Le temps passe, il nous faut rejoindre Rio et son aéroport. Avant le départ de Jean-Paul, nous observons le coucher de soleil sur la plage d'Ipanema (où le plus intéressant est de voir les cariocas jouer au foot dans tous les sens, le soleil se couchant derrière nous à cette époque de l'année), nous plongeons dans l'eau à Copacabana et montons jusqu'au Christ Rédempteur pour voir la ville d'en haut.


Malgrès toutes ses promesses, Jean-Paul repart avec le soleil, et nous abandonnons définitivement l'idée de revenir tout bronzés. Heureusement, Rio de Janeiro propose toutes les activités possibles. Ainsi, nous allons voir un derby dans le plus grand stade du monde, Maracana. Nous nous glissons dans le quartier de la samba, visitons les magasins et les musées, et déjà, le retour est là....

 


C'est ici que s'achève ce qui restera certainement la plus belle année de notre vie, et avec elle, ce blog,


A bientôt! 

 



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Publié à 14:39, le 4/08/2010 dans 22.Bresil, Rio de Janeiro
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Bon vent!

Nous imaginions l'Argentine, les grands espaces, les glaciers et la Patagonie et en avions totalement oublié la capitale, Buenos Aires, qui a vite fait de nous prendre au piège avec son charme d'antan et sa douceur de vivre.


Nous arrivons un dimanche soir et nous rendons dans le quartier de San Telmo. Nous tombons sur une place où des couples dansent sur les dernières notes d'un tango langoureux. Un peu plus loin, des percussionnistes entraînent la foule aux rythmes d'un air de samba. Nous trouvons un hôtel tout mignon (ici pas besoin de demander si l'eau chaude est garantie ou si les draps sont fournis) et prolongeons jour après jour notre séjour ici. Il faut dire que les activités ne manquent pas, et que même l'inactivité devient une occupation à part entière. Nous avons le sentiment d'être plongé au coeur des années 80 françaises, et la variété des voitures semble être une rétrospective des 50 dernières années de l'automobile.

Notre quartier général devient San Telmo avec ses vieilles façades, ses rues pavées et les boutiques d'antiquité. Une journée est consacrée à la visite du quartier de La Boca aux façades en tôles toutes colorées. Une autre à celui de Recoleta puis c'est en vélo que nous explorons le tout nouveau quartier de luxe de Puerto Madero et la réserve écologique qui borde la ville.

 

 

Enfin, il nous faut quelques journées pour celui de Palermo, plus mondain, où nous allons visiter la biennale d'art contemporain et faire du roller dans les parcs avant d'aller goûter un énorme gâteau au chocolat avec un submarino (barres de chocolat à faire fondre dans du lait chaud). En Argentine, on goûte à 19h, puis tout le monde sort dîner vers 23h. Nous suivons scrupuleusement le programme, ce qui nous amène à fréquenter beaucoup les restaurants, du petit bistrot où l'on se régale d'empanadas aux plus chics où on doit être sur une liste d'attente et on nous fait patienter avec des petits fours.

Quand ils ne mangent pas, les argentins sirotent le mate, un thé amer sur lequel on verse régulièrement de l'eau chaude transportée dans une bouteille thermos, et que l'on boit à la paille.


Pendant notre séjour ici, l'Argentine vit au rythme de la coupe du monde, et, ralentit considérablement notre vitesse de visite. Quand la sélection nationale joue, toute la ville s'arrête pendant 2 heures, les chaises
dans les cafés deviennent des places en or et la Plaza San Martin accueille une foule bleu ciel devant l'écran géant. Les victoires se fêtent au pied d'un obélisque planté sur l'avenue du 9 Juillet, la plus grande rue du monde. C'est comme ça que nous suivons une équipe qui réussit à sortir des poules et à battre le Mexique!


 

La seconde passion des portenos pourrait être le tango. Un soir, nous nous faufilons dans une milonga (un salon de danse) et dans un décor de fer forgé et d'épais rideaux rouges, nous plongeons dans l'univers feutré du tango, comme dans un rêve. En ressortant, comme toutes les nuits, nous partageons le trottoir avec les cartoneiros qui éventrent les poubelles pour remplir leurs charrettess avant l'arrivée des éboueurs.

 

Au bout de 10 jours, nous nous arrachons à Buenos Aires, poussés par l'envie de voir un peu plus de l'Argentine. Il faut dire que nous redoutons les heures de bus dans un pays aussi grand et que nos options sont limitées par l'hiver austral: la Patagonie est trop froide, le mauvais temps rend la visite des Glaciares très aléatoire et nous nous réservons la visite des chutes pour le Brésil. Nous choisissons Mendoza, seconde ville incontournable du pays, d'après le guide.
Nous avons du mal à être séduits par la ville et les activités sont réduites: pêche au saumon de rivière fermée, pas de neige sur les pistes de ski alors que nous sommes en haute saison et temps maussade.

Nous en profitons quand même pour apprendre que la plus haute montagne des 2 Amériques, l'Aconcagua, se situe près d'ici. L'aventure de l'équipe de foot argentine s'arrête ici, l'occasion pour nous d'apprendre pleins de gros mots en argentin. Nous visitons la ville de Maipu, réputée pour ses vignobles, mais les feuilles de vignes sont tombées et la campagne en a perdu ses couleurs. La visite du musée avec une guide passionnée  nous en apprend beaucoup plus sur l'identité des argentins. Un jour de soleil, nous allons nous plonger dans les eaux thermales de Cacheute  à 20Km de la ville. Les bassins sont aménagés sur les flancs d'un canyon et la vue est superbe.

Nous réussissons à trouver deux places dans le dernier bus de nuit pour Buenos Aires la veille de la fête de l'indépendance qui marque aussi le début des grandes vacances d'hiver. Toute l'Amérique latine célèbre le bicentenaire de son indépendance.

Nous retrouvons Buenos Aires avec plaisir, et en profitons pour visiter la Casa Rosada, le palais présidentiel d'où Evita s'adressait à la foule. Un mendozino nous avait chaudement recommandé une excursion dans le delta du Tigre, et nous suivons son conseil. Les maisons de vacances sont toutes éparpillées sur les îles et la promenade en bateau est très agréable. Le retour est plus aventureux, ponctué par un accident sur la voie, un chauffeur de bus en colère et une station de métro qui n'existe pas encore.

 

Du coup, nous arrivons à la fermeture des boutiques et ratons l'occasion de faire nos dernières courses avant de rejoindre le Brésil, dernière étape de ce voyage.



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Publié à 22:31, le 15/07/2010 dans 21. Argentine, Buenos Aires
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El Camino de la Suerte

Le bus d'Uyuni pour Tupiza part à 5h du matin et nous réalisons que le chauffage n'est pas une option. Il fait tellement froid, que nous ne sentons plus nos orteils et nous observons avec impatience le ciel prendre les couleurs de l'aube. Les rayons du soleil nous réchauffent à travers la vitre et dévoilent le paysage désertique que nous traversons. Le bus à quitté la piste pour rouler dans le lit d'un fleuve asséché, puis sur le tracé d'une voie ferré qu'on espère désaffectée, et enfin sur la crête d'une montagne de sable. Nous faisons une escale à Atocha, une ville minière perdue au milieu du désert. Il fait vraiment très chaud à présent, ce qui nous plaît beaucoup! Tupiza à l'allure d'une ville du far west entourée de grandes montagnes rouges, et comme nous arrivons à l'heure de la sieste, toute la ville semble endormie. Nous allons nous promener au milieu des cactus et des canyons. Le dernier jour, nous nous équipons de sombreros et de guêtres en cuir et enfourchons des chevaux pour une balade sur les traces de Butch Cassidy et Billy the Kid. Le cheval de Laïd nous entraîne au petit trot jusqu'à un canyon que nous pouvons escalader. Nous ne sommes qu'à 3h de bus de l'Argentine, mais comme nous ne pouvions pas savoir une année à l'avance quel serait notre voyage en Bolivie, il nous faut retourner à Lima d'où part notre vol pour Buenos Aires.


 

Nous rejoignons donc la jolie ville de Sucre en bus de nuit et optons pour un hôtel dont la terrasse offre une très belle vue. Le coucher de soleil doit y être très beau, mais on ne réussira jamais à être là à temps, le crépuscule et les lumières de la ville seront notre lot de consolation, accompagné de fromage d'alpaga et de légumes frais du marché. C'est ici que l'indépendance de la Bolivie fut proclamée, et nous prenons plaisir à sillonner les rues bordées de beaux monuments à l'architecture coloniale, dont les murs sont parsemés de tags révolutionnaires. Les manifestations sont régulières, et pendant notre court séjour, elles seront même quotidiennes. Au bout de quelques jours, il nous faut repartir, l'Amazonie nous attend!

 

Nous faisons une brève étape à Potosi, une ville de l'extrême. En dehors d'être la plus haute du monde, elle a un temps été la plus grande et la plus riche d'Amérique latine. Sa richesse venait des mines d'argent, et à l'époque de sa gloire, les rues étaient pavées du métal précieux. Bien entendu, l'exploitation a profité aux colons espagnols. Aujourd'hui, les filons seraient secs, et les mineurs, dont les plus jeunes ont 12 ans, risquent leur vie tous les jours en s'engouffrant sous terre avec un équipement minimal. A peine le temps de faire un tour sur la fête foraine et de gagner pleins de bonbons, et nous voilà repartis dans un bus de nuit pour La Paz.

 

Depuis notre arrivée à Cusco, un mois auparavant, nous voyagions au-dessus des nuages. Il est temps pour nous de redescendre par le Camino de la Muerte, et ce ne sont pas les 12h de route sur des sièges qui ne s'inclinent plus depuis longtemps qui vont nous décourager d'enchaîner avec les 3h de minibus nécessaires pour atteindre Coroico. La route n'est plus la plus mortelle du monde depuis qu'elle a été remplacée par une autre version goudronnée, décorée de glissières de sécurité et surtout assez grande pour accueillir une double circulation. Le ravin n'en reste pas incroyablement profond. Pendant notre escale de 24h dans la Cordillère Real, nous profitons de la végétation verdoyante qui a remplacé les teintes jaunes du désert et de l'Altiplano. Ici, on cultive le café, la banane et la feuille de coca.

Après quelques heures à attendre à l'intersection, le vieux bus avec lequel nous allons faire les 17h de trajet jusqu'à Rurrenabaque arrive enfin, et il est déjà couvert de poussière, à l'extérieur comme à l'intérieur. Peu importe, les pneus sont profilés, et c'est bien là le plus important. Nous attaquons à présent la suite du Camino de la Muerte, nettement moins vertigineux, mais pas réaménagé. Le sens de circulation est inversé pour que le chauffeur soit du côté du ravin et puisse vérifier que ses roues restent bien sur la piste. Des tyroliennes traversent la vallée un peu partout, transportant marchandises et personnes d'un côté à l'autre sur des poulies de fortune. Le bus est rempli de sacs contenant des feuilles de coca, et nous approchons de la jungle quand la nuit commence à tomber. Le siège du passager devant moi est cassé et son dossier repose entièrement sur mes genoux pendant qu'il ronfle joyeusement. Vers minuit, nous devons tous descendre au check-point où des militaires fouillent le bus à la recherche de produits chimique, car comme dit Evo « Coca si, cocaina no! », et nous arrivons enfin à Rurrenabaque avec les premières lueurs de l'aube.

 

Il fait chaud et l'air n'est plus raréfié, enfin! Nous passons quelques jours à nous balader dans le village et la forêt autour, hésitant sur la suite des événements. En effet, l'option pampas dont le clou du spectacle consiste à patauger dans la boue à la recherche d'anacondas ne nous séduit pas vraiment, mais semble être le meilleur moyen de « voir » des animaux. Nous optons pour la Selva, car finalement, venir jusqu'au bassin amazonien, et ne pas aller se perdre au milieu de la jungle aurait été dommage.

Nous remontons la rivière pendant plusieurs heures avant d'arriver au camp. Dans une falaise, nous pouvons voir des perroquets. Nous faisons 3 excursions dans la jungle le premier jour, dont une en pleine nuit où nous verrons essentiellement des lucioles. Notre guide Ermin adore les trekkings et va nous proposer une ballade de 11h pour le lendemain, que nous acceptons avec enthousiasme. Avec éternellement une boule de coca coincée dans sa joue, il va nous raconter la jungle, nous faire tester les plantes et nous entraîner à la suite d'animaux, souvent des troupeaux de cochons sauvages. A cause de la visibilité très limitée par la végétation, nous ne verrons que des silhouettes, ce qui laisse une grande liberté à l'imagination! Nous entendrons à 2 reprises le grognement sourd d'un jaguar, impressionnant. Nous goûtons les termites, le coeur de palmier tout frais, des noix inconnues, l'eau de la liane et des feuilles anesthésiantes très puissante. Nous voyons la sève de l'arbre à curare, et un immense arbre destiné, hors réserves naturelles, à la fabrication d'allumettes et tant d'autres. La forêt amazonienne semble bien être la réserve de médicaments naturels du monde. Le dernier jour nous nous reposons en fabriquant des bijoux avec les graines et les noix que nous avons ramassées avant de rentrer en bateau jusqu'à Rurrenabaque, où nous attend le bus de nuit express de luxe pour La Paz.

 

Le bus est vraiment deluxe. Pour ce qui est de l'express, sa course est ralentie une première fois par une roue a changer (ça compte pas vraiment, la moyenne est de un bus sur deux avec un pneu crevé), puis pendant 4h à cause d'un éboulement de terrain. Au milieu de la nuit, les chauffeurs de tous les véhicules bloqués, armés de pelles, vont tenter de combler le trou. Nous sommes le 3ème véhicule à passer, mais derrière nous, la terre se remet à glisser... Un dernier éboulement et nous arrivons 5h plus tard que prévu. Nous enchaînons avec un collectivos pour traverser la capitale bolivienne, puis avec un bus pour Copacabana, ville sur les rives du lac Titicaca près de la frontière péruvienne que nous atteignons en début de soirée.

 

Nous avons tellement aimé la Bolivie que nous y avons étendu notre séjour au maximum. A présent, nos visas sont encore valables 3 jours, et surtout, nous devons traverser la moitié du Pérou pour rejoindre Lima en 4 jours. Au moment où nous décidons de rester encore un jour de plus à Copacabana, tout est encore largement jouable, avec même une escale à Arequipa. Des rumeurs de grève nous parviennent, mais les agences nous expliquent que c'est la compagnie de bus qui assure la liaison jusqu'à Puno, au Pérou qui sera bloqué. Les collectivos nous assurent que nous pourront partir avec eux le lendemain sans problème, et nous voulons trop le croire pendant que nous profitons de la fête organisée en l'honneur de l'anniversaire d'un saint...

Le lendemain matin, la dame de l'hôtel nous alerte en nous disant que nous ne pourrons pas passer la frontière car la douane péruvienne fait la grève des tampons. Nous tentons quand même de partir, et elle nous promet de nous garder la chambre, au cas où. Contrairement à tout ce que nous redoutions, nous arrivons sans problèmes jusqu'au poste frontière. Mais à l'inverse de l'aller, celui-ci est fantomatique, désert... le douanier bolivien m'invite à passer la frontière et d'aller voir de l'autre côté ce qui se passe avant de nous tamponner la sortie. Je rentre donc une première fois au Pérou illégalement pour constater que les douaniers ne font pas la grève, ni les taxis qui pourront nous servir de moyen de locomotion de dernier ressort. Je retrouve Laïd en train de discuter avec le douanier autour de quelques feuilles de coca, et nous quittons la Bolivie.

 

De l'autre côté, un taxi nous amène jusqu'à la station d'où partent les collectivos pour Puno, et c'est seulement là que nous comprenons ce qui se passe: la grève est générale, et totale, mais ce qui empêche toute circulation, ce sont les barrages sur les routes. Notre dernier espoir de partir en stop s'envole, et nous nous retrouvons coincés à Yunguyo, petite ville frontière sans rien à faire, si ce n'est voir l'équipe de France se faire mener par le Mexique en sirotant un Inca Cola. Une nouvelle rumeur annonce qu'il pourrait y avoir un passage ce soir à 18h, nous restons donc en alerte, rejoins par d'autres péruviens qui aimeraient rentrer chez eux. A 19h, un collectivos annonce enfin « Puno », et c'est le sprint pour gagner la précieuse place à bord (il sera le seul à partir). Nous devons traverser les barrages, qui sont passés de 4 le matin, à 10 à présent. Des grosses pierres sont posées en travers de la route, où un feu est généralement allumé, entouré de grévistes plus ou moins combatifs prêts à jeter des gros cailloux sur les véhicules qui ne s'acquitteraient pas de leur droit de passage...

Finalement, nous rejoindrons enfin Puno, d'où nous partons en bus pour 24h (nouveau record) jusqu'à Lima où nous arriverons à temps pour enchaîner avec le vol pour Buenos Aires.

 

Il nous manque encore tellement de choses à voir au Pérou, et nous attendons à présent avec impatience l'évolution des projets de Magali pour aller explorer avec elle le Canyon de la Colca et les lignes de Nazca !!!!

 



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Publié à 17:47, le 26/06/2010 dans 20. Bolivie, La Paz
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En route vers le Salar de LG et Samsung

Nous attendons la fin du week-end à La Paz. Nous marchons à travers la ville, passons dans des jolis marchés colorés, et celui des sorcières, des vrais, qui vendent des foetus de lama à enterrer devant sa maison pour en protéger les habitants, des figurines en sucre de toutes les couleurs à faire brûler et des filtres d'amour. Le dimanche, un rassemblement de pena réuni des groupes qui ont des clochettes accrochées aux santiags. L'ambiance est celle de la féria vers 3h du matin, sauf qu'on est en plein milieu de l'après-midi!
Le lundi à la première heure, nous sommes devant la porte du cabinet dentaire. La dent de Laïd a cédé face à une frite lors de notre dernier dîner au Pérou. Le dentiste bolivien constate avec la même consternation que ses collègues péruviens que le plombage vieux de 1 an est d'une qualité catastrophique et qu'en bougeant, il a fissuré toute la molaire. Les oreilles de la dentiste d'Aramon ont du siffler en permanence pendant 3 jours, puis par intermittence! Nous ressortons avec une radio et un rendez-vous « gros travaux » pour le lendemain. L'office du tourisme va nous donner quelques idées pour nous occuper pendant notre séjour prolongé ici. Nous visitons le musée d'ethnographie avec une très belle collection de masques et de plumes, puis celui de la musique qui rassemble un nombre impressionnant d'instruments dans une petite maison.
 

Le lendemain, le dentiste reconstitue la dent et nous annonce joyeusement que nous sommes libres d'aller explorer le reste de la Bolivie. Nous rejoignons le quartier chic des ambassades pour acheter les billets de train pour Uyuni. Le bureau étant fermé pour la pause déjeuner, nous nous installons au café de l'Alliance Française pour boire un expresso. L'ambiance raffinée me fait complétement oublier que nous sommes en Bolivie... soudain, notre voisine fait des gros « psssssst pssssst », et quand nous nous tournons vers elle, elle montre le dossier de la chaise où j'avais nonchalamment accroché le sac avec l'appareil photo, disparu! Bon, ce dernier était sur la sellette depuis que des poussières étaient allées se coincer à l'intérieur de l'objectif, puis quand le cil du réparateur chinois était venu remplacer ces mêmes poussières, et encore quand l'écran lcd avait commencé à se colorier en rose... En plus, la dernière sauvegarde datait de la veille, donc il n'y aura que la séance photo avec le dentiste de Laïd que nous ne pourrons pas partager avec vous. Mais quand même, nous sommes vraiment pas contents, et persuadés que la dame était la complice qui se fait passer pour la gentille! Il est temps de reprendre des mesures drastiques: adieu joli petit sac en bandoulière du Myanmar, remplacé par un sac en plastique noir, anonyme et n'indiquant pas du tout le caractère touristique de son porteur. Se fondre dans la masse en ayant l'air de porter un sac de carottes, telle est la devise!
 

Tout étant relatif, nous faisons partie de ces privilégiés qui peuvent se racheter un appareil photo dès le lendemain. Pour cela, il nous faut trouver la rue des appareils électroniques. Et oui, on ne trouve pas des caméras où on veut à La Paz! Après avoir monté et redescendu un nombre incalculable de rues, nous y sommes. Une rapide revue des comparatifs sur internet nous a persuadé de racheter le Lumix, et nous mettrons quelques heures à découvrir que si nous voulons le TZ7, il s'appelle en toute logique ZS3 ici! Une fois notre nouveau capteur de souvenir en poche, nous récupérons nos sacs à l'hôtel.
 

Notre train part à 19h le soir même d'Oruro, à 3h de route. Nous montons dans un bus à 14h30, avec la ferme promesse d'arriver à 18h. Sauf que le chauffeur va faire 45 mn d'arrêt pour trouver les 3 passagers qui manquent pour remplir le bus à ras-bord, et lui fournir un peu d'argent en extra. Quelques Km plus loin, on change la roue.  Nous arrivons à Oruro à 19h15. Avec le vague espoir que le train ne sera pas parti à l'heure., nous nous mettons à courir les 1,5km jusqu'à la gare avec nos sacs sur le dos, et toujours autour des 4000m d'altitude. Un marché de nuit avec ses stands de nourriture ralentit notre course, mais nous ne nous arrêterons finalement que devant la grille baissée de la voie 1: trop tard! Nous retournons à la station de bus et exprimons tout notre mécontentement à la compagnie, qui finit par nous rembourser notre ticket. Avec tout ça, nous n'avons pas d'autre choix que de prendre un bus de nuit, sur une route qui n'est plus goudronnée après quelques Kilomètres.


Maintenant que nous avons subit les « désagréments » des rubriques du Lonely Planet (le dentiste au chapitre Santé, le voleur dans Danger et le fait que une heure et demi de marge sur un trajet de 3h ne sont pas suffisant pour la section Transports), nous espérons bien nous la couler douce à Uyuni, dont les Salars concentrent la moitié du lithium de la planète, et tous les touristes en Bolivie.
L'arrivée du bus se passe en douceur: le chauffeur éteint le moteur, et les passagers continuent de dormir, puis ramassent leurs affaires petit à petit et sortent dans la nuit. Il est 5h30 du matin et près de 3°. Nous errons quelques temps dans la petite ville, à la recherche d'un hôtel ouvert, en vain. Par contre, les rabatteurs des agences proposant les circuits au Salar sont déjà sur le pied de guerre. Nous nous réfugions sous une petite tente où nous nous réchauffons avec un bon café bouilli et des beignets tout chaud puis finissons par être convaincu qu'il nous faut partir le jour même pour une excursion de 3 jours. Avant de monter à bord du Land Cruiser, nous allons nous rafraichir dans une douche publique, l'eau chaude n'étant pas incluse dans le forfait! Nous embarquons avec 5 autres touristes et rejoignons le Salar, un immense désert de sel, dont le blanc s'étend à perte de vue. Au milieu, l'île del Pescado est couverte de grand cactus, dont certains ont plus de 1.000 ans; Notre chauffeur-guide-cuisinier, Zeynaldo, a étendu la nappe sur une table en sel et un bon déjeuner nous attend, face à l'immensité blanche. Nous allons encore rouler une paire d'heures avant de quitter le Salar et de rejoindre notre hôtel du jour. Il est tout en sel: sol en gros sel, meubles en bloc de sel et joint en sel-ciment. C'est tout mignon, et nous passons une bonne soirée avec les autres voyageurs. Après une bonne nuit se sommeil, nous repartons, toujours plus au sud. Le paysage devient de plus en plus désertique, et les lagunes près desquelles nous passons marquent les points d'arrêts. A mesure que nous prenons de l'altitude, le vent s'intensifie, amplifiant la sensation de froid et d'aridité. Nous voyons quelques flamands roses, et d'autres blancs, des Andes, et des vigognes, espèce de lamas sauvage qui ne viventt qu'au-dessus de 4.000m d'altitude. Quand nous arrivons au niveau des neiges éternelles, la terre est devenue toute rouge. La colombienne qui voyage avec nous touche sa première neige! Nous sommes à présent dans la réserve naturelle de Laguna Colorada, et c'est au bord de cette dernière que nous passons la seconde nuit. Le confort est rudimentaire, et nous n'aurons le droit qu'à une seule fournée de bois à mettre dans le mini poêle en tôles. Quand la dernière braise meurt, c'est l'extinction des feux, et nous n'entendons plus que le vent.........


Départ à 5h du matin, nous montons jusqu'à 4870m (le Mont Blanc n'a qu'à biens se tenir, on n'est plus loin!) pour voir le soleil se lever au milieu des geysers. Il fait -20°, et nous sommes congelés, littéralement. Heureusement, en bas du volcan, c'est une source d'eau chaude dans la lagune qui nous attend, et nous barbotons dans une eau à 35°. A l'extérieur, l'air ne se réchauffe que difficilement, et le temps de remettre nos habits « grand froid », nos maillots de bain se sont figés comme des glaçons, une forme d'art très plastique! Nous reprenons la route pour la Laguna Verde, riche en magnésium. Derrière le Volcan Licancabur, il y'à le Chili, et plus à l'est, l'Argentine. Il ne nous reste plus qu'à retourner à Uyuni, traversant des villages évoquant les western, des formations rocheuses proches de celles du Colorado, des cactus et un canyon picturesque. La route de ce circuit nous semble un peu longue, mais les paysages traversés ont été saisissant.
Nous nous posons une journée à Uyuni, avant de rejoindre Tupiza, au sud de la Bolivie.
 



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Publié à 17:49, le 4/06/2010 dans 20. Bolivie, La Paz
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Feliz día Pachamama, Mama Cocha y todas las mamas!

Nous atterrissons à Lima à 4h du matin avec un besoin urgent de bon café péruvien. Pourtant, quand nous voyons un cachet suspect finir de se dissoudre dans la tasse de Laïd, nous nous tournons résolument vers la machine à café et ses préparations instantanées! Nous profitons du wifi à l'aéroport pour attendre un signe de Magali, les mails étant son seul moyen de nous joindre. Quand nous n'avons pas de nouvelles à midi, nous en concluons qu'ils sont montés la veille dans le bus qui met 21h pour rallier Cuzco et qu'ils nous attendront là-bas, ce qui était le plan initial. Nous rejoignons le quartier des compagnies de bus, (qui ont la bonne idée de ne pas se regrouper toutes ensemble dans une même gare routière à Lima) et montons dans un bus à 15h, nous enfonçant dans le désert au fur et à mesure que nous quittons Lima. Le lendemain matin, nous ouvrons les yeux sur la cordillère des Andes. Les femmes sont habillées avec des grands jupons et coiffées d'un chapeau sur le sommet de leur tête. Un grand tissus coloré leur permet de porter leurs bébés ou un tas d'autres choses sur le dos.
Pendant ce temps-là, Magali et Matthew ont fini par trouver un vol Miami-Lima, et ont atterrit 2h avant nous. Seulement, 3 jours de voyage, de décalage horaire et de vols retardés ou annulés ont eu raison de la notion du temps de Magali qui, persuadée d'être la veille, attend le lendemain pour nous contacter....
Heureusement, nous finissons par tous nous retrouver à Cuzco, le lendemain en milieu d'après-midi, à 35OO mètres d'altitude. Nous nous installons dans un petit hôtel sympa, et ressortons pour visiter la ville. Au bout de quelques mètres de montée, nous sommes tous à la recherche de notre souffle, et nous réalisons physiquement qu'il va nous falloir quelques temps pour que notre organisme s'adapte au manque d'oxygène, peut-être aidé par le mate de coca. Nous découvrons le mal d'altitude, les nausées et la sensation d'avoir la tête dans un étau qui le caractérise. La ville était la capitale du royaume inca, mais une multitude d'églises, témoignent du travail d'évangélisation lors de la colonisation. Nous visitons l'une d'elles, construite sur les fondations d'un temple du soleil inca. Nous visitons également le musée de la coca, en apprenant un peu plus sur cette feuille sacrée et controversée. Nous profitons de notre période d'acclimatation pour organiser le programme en fonction des envies de chacun. Si la visite du Machu Picchu est incontournable pour tous, le moyen d'y arriver est sujet à discussion. Laïd et moi souhaitons emprunter la voie alternative qui consiste à enchaîner des colectivos pendant une journée avec une balade de 2 heures et demi à la fin. Nos arguments sont la beauté du paysage traversé, mais surtout, le fait de ne pas verser une somme indécente ici, à Péru Rail, une société anglaise qui s'est accaparée le monopole et ne semble reverser qu'une faible partie des bénéfices aux péruviens. Magali et Matthew font valoir leur peu de temps et le confort de voyage en train et nous finissons par nous ranger à leur avis.
Les glissements de terrain de cet hiver ont coupé une partie de la voie ferrée, et nous savons qu'il y'a une partie du trajet que nous devrons effectuer un bus local. Nous en profitons pour faire une halte et une jolie balade aux terrasses de sel. Nous arrivons en fin d'après-midi à Ollantaytambo, d'où commencent nos tickets de train. En fait, nous allons encore faire ¾ d'heure de bus, avec un chauffeur dont la conduite est insupportable: sous prétexte qu'il transporte des touristes, il oblige tous les autres véhicules à s'ôter de son chemin, et vite! A la gare provisoire de PiscoCucho, nous sommes surpris de devoir encore attendre une heure dans le froid, aucun abri n'ayant été prévu. Le train jusqu'à Aguas Callientes est, aujourd'hui plus encore, le plus cher du Km du monde, avec un service minimum...
Nous passons la nuit à Aguas Caliente, et nous lançons dans l'ascension jusqu'au Machu Picchu aux aurores. Heureusement, personne n'a voulu suivre ma bonne idée de faire l'aller à pied à 3h du matin. En effet, la montée est raide et demande 30mn de bus! Le Machu Picchu tient ses promesses: l'emplacement et les ruines nous séduisent, et nous passons une très belle journée, étendus sur les terrasses ou surmontant la peur du vide sur le chemin qui mène jusqu'à l'Inca Bridge, en fait un passage taillé directement dans la roche à une hauteur vertigineuse. Nous allons même jusqu'à prendre de la hauteur en promenant à contre-sens sur le fameux inca trail jusqu'à la porte du soleil. Nous redescendons à Aguas Caliente à pied et allons soulager nos courbatures dans les eaux thermales qui ont donné son nom à la ville. Cela ressemble d'avantage à une grande baignoire populaire qu'à un spa, mais c'est rigolo. Après, il ne nous reste plus qu'à attendre sagement le train de 21h30. Le retour est aussi aventureux que l'aller, puisque, malgrès les promesses du guichetier, il n'y a pas de bus le dimanche à minuit pour rallier Ollantaytambo à Cuzco. Il ne nous reste plus qu'à devancer tous les autres passagers du train et négocier avec un particulier un trajet jusqu'à la ville suivante, puis avec un autre véhicule, un aller simple pour Cuzco, à pas moins de 70Km de là... Nous arrivons à notre hôtel à 2h30 du matin, fatigués, et définitivement  convaincus que le train, c'est pas ça!
Le lendemain, nous avons rendez-vous à 8h30 pour une journée de rafting. Après une petite leçon rapide où nous comprenons que l'essentiel est de suivre à la lettre les ordres du moniteur et de flotter les pieds en avant en cas de chute, nous nous lançons à l'assaut des rapides. Nous nous amusons beaucoup et Magali profite d'un moment d'eaux calmes pour faire quelques brasses! Le soir, nous cédons à la tentation dans les nombreuses boutiques qui vendent des pulls en alpaca et des jolis bonnets péruviens.
Nous quittons Cuzco pour Puno, sur les rives du lac Titicaca. Le trajet à travers l'altiplano est superbe: le ciel paraît plus grand que jamais, les couleurs plus intense, même si nettement dominées par le jaune de l'herbe, et nous nous amusons à dénicher les lamas au milieu de la plaine. Nous arrivons à la nuit tombée, et nous installons dans un hôtel près de la gare de bus. Nous ne voulons passer qu'une seule nuit ici avant d'embarquer pour les îles du lac le plus haut du monde (4000m d'altitude).
Nous choisissons le bateau communautaire de l'île d'Amantani qui fait une escale sur les îles flottantes de Los Ouros, toutes recouvertes de paille. La visite a de vrais allures de circuit touristique, mais c'est joli quand même. Le trajet jusqu'à Amantani est long et nous permet de prendre le rythme lacustre, avec en arrière-plan les sommets enneigés de Bolivie et au-dessus de nous, un ciel d'un bleu pur. Les hébergements sur l'île sont gérés de manière communautaire: chaque jour, des familles différentes accueillent les voyageurs et leur offrent pour une somme modeste, une petite chambre et les repas. Nous serons tous les 4 hébergés chez la fille de Victoriano qui nous a pris sous son aile depuis Puno. Son petit dernier, 12 ans, nous sert de guide et nous amène admirer le coucher du soleil depuis la colline qui surplombe l'île. Sa nièce de 4 ans voulait à tout prix nous accompagner et elle finit la balade bien au chaud dans les bras de Laïd! Pas d'éléctricité, nous en profitons pour admirer les étoiles et traquer les filantes, avant de nous endormir immobilisés sous 4 couvertures en Alpaca.
Au retour, le bateau passe par l'île de Taquille. Ici, la spécialité est l'artisanat, et les structures touristiques sont plus développés, constituées d'hôtels et de restaurant. Nous montons jusqu'au somment de l'île et voyons d'en haut une partie de foot qui opposent des filles en jupons et chemises colorées, avant de rejoindre tous les passagers du bateau pour une truite grillée avec une vue plongeante sur le lac.
Nous profitons d'être en saison basse pour négocier un hôtel confortable au 5ème de son prix. A nous la douche chaude et le lit douillet! Le massage nous permet d'optimiser la courte nuit de sommeil: le bus pour La Paz vient nous chercher directement à l'hôtel à 4h45 le lendemain matin.
Nous arrivons à la frontière à 7h, et attendons dans une longue file ordonnée l'ouverture des bureaux pendant que les porteurs font un va et vient incessant et coloré. Quand nous avons enfin notre tampon de sortie, nous assistons à la cérémonie d'ouverture de la frontière, avec délégations péruviennes et boliviennes en costume traditionnel et hisser de drapeau au son des hymnes nationaux. Tout de suite après, nous sommes happés par la foule, tellement pressée de traverser le pont qui sépare les deux pays, qu'elle n'a pas attendue l'ouverture des barrières. Nous nous frayons un passage sous la barrière tout en tentant de ne pas nous perdre de vue. Nous nous ré-alignons dans une queues pour obtenir le tampon d'entrée en Bolivie, puis nous installons avec un café en attendant le bus qui doit suivre le même chemin que nous....
A La Paz, nous faisons un tour rapide des principaux monuments du centre-ville en quelques heures. Le lendemain très tôt, Magali et Matthew vont décoller de l'aéroport le plus haut du monde et où très peu de compagnies acceptent d'atterrir. Ils rejoignent Londres sans problèmes, le nuage de cendres ne pouvant plus leur raccourcir les vacances ne voit plus l'intérêt de les ennuyer d'avantage!



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Publié à 18:25, le 31/05/2010 dans 19. Perou, Cuzco
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